Pourquoi semble-t-il de plus en plus difficile d'acheter sa résidence principale ?
C'est la question à laquelle répond une récente étude du SDES (Service des données et études statistiques) publiée en septembre 2026.
Intitulée "Au fil des générations, les ménages plus modestes sont de moins en moins propriétaires", cette analyse dévoile une réalité économique frappante : l'année de votre naissance joue un rôle déterminant dans votre capacité à devenir propriétaire.
En s'appuyant sur les données récoltées depuis 1984, l'étude met en lumière une fracture générationnelle, exacerbée par l'évolution historique des prix, de l'inflation et des taux d'intérêt. Décryptage à travers deux indicateurs clés.
📊 L’âge et la génération : le paradoxe de l'accès à la propriété
C'est un fait logique : le taux de propriétaires augmente avec l'âge. Il passe en moyenne de 54 % pour les 35-44 ans à 73 % pour les 65-74 ans.
Cependant, en regardant de plus près (comme l'illustre le Graphique 1 de l'étude comparant le taux de propriétaires selon l'âge et la génération), on constate que toutes les générations ne sont pas logées à la même enseigne.
À un âge comparable, l'accès à la propriété a reculé :
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La cassure des années 60-70 : Les ménages dont la personne de référence est née dans les années 1960 ou 1970 sont nettement moins souvent propriétaires que leurs aînés.
À titre d'exemple, entre 45 et 54 ans, 64 % des ménages nés dans les années 1950 sont propriétaires, contre seulement 59 % pour ceux nés dans les années 1960.
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Le sursaut de la génération 1980 : Fait intéressant, les jeunes nés dans les années 1980 ont réussi à faire légèrement mieux que leurs prédécesseurs en début de parcours (entre 25 et 34 ans). Comment l'expliquer ? Principalement par des conditions de crédit exceptionnellement favorables (taux bas) entre 2012 et 2020, qui ont permis à une partie d'entre eux d'absorber la hausse des prix de l'immobilier.
📉 Taux d'intérêt vs Inflation : un demi-siècle de bouleversements
Pour comprendre ces écarts générationnels, il faut se plonger dans le contexte macroéconomique des 60 dernières années, parfaitement illustré par le Graphique 4 (Taux d'intérêt et inflation).
La dynamique financière a totalement basculé en quelques décennies :
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Les années 70-80 (l'ère de l'inflation) : À la fin des années 70 et au début des années 80, les taux d'intérêt s'envolaient pour atteindre des sommets vertigineux (plus de 16 %).
Pourtant, l'inflation était presque aussi forte (jusqu'à 14 %). Résultat : le taux d'intérêt "réel" restait supportable, et l'inflation effaçait rapidement le poids de la dette des baby-boomers.
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Les années 2000-2020 (l'ère de l'argent facile et cher) : La courbe s'est inversée. Les taux d'intérêt et l'inflation ont plongé de concert pour frôler le 0 % à l'aube de 2020.
Si l'emprunt n'a jamais été aussi bon marché, le prix de la pierre, lui, s'est envolé.
Le chiffre choc : Depuis 1960, le prix des logements a été multiplié par 67, quand les loyers n'ont été multipliés "que" par 19. Le ratio prix/loyer a explosé, créant une véritable barrière à l'entrée pour les primo-accédants.
💸 Une fracture qui touche surtout les ménages modestes
La conclusion majeure de cette étude n'est pas qu'il est impossible d'acheter aujourd'hui, mais qu'il est de plus en plus difficile de le faire sans un niveau de vie élevé ou un apport familial conséquent.
L'accès à la propriété est devenu un puissant marqueur d'inégalités sociales :
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Pour les ménages les plus modestes (le premier décile de revenus), le taux de propriétaires autour de la quarantaine s'est effondré : il est passé de 43 % pour les générations des années 1940 à seulement 16 % pour celles des années 1970.
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À l'inverse, pour les 10 % des ménages les plus aisés, le taux de propriétaires est resté quasi stable et très élevé (autour de 70 %), quelle que soit la décennie de naissance.
En conclusion : la nécessité de repenser son projet
L'accès à la propriété, autrefois perçu comme une étape naturelle pour une large part de la population, se transforme progressivement en un privilège réservé aux catégories les plus favorisées. Dans ce contexte où l'apport personnel et les aides intrafamiliales (héritages, dons) deviennent cruciaux, être accompagné par un professionnel pour optimiser son plan de financement n'est plus un luxe, mais une nécessité.
Vous vous posez des questions sur votre capacité d'achat dans le contexte actuel ? Nos experts sont là pour vous aider à bâtir un plan de financement adapté à votre génération et à vos revenus.
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