đ La "Grande Transmission" a commencé.
Pendant que le marché immobilier fait la grimace et que les DMTO (les fameux "frais de notaire") ont fondu de plusieurs milliards ces dernières années, Bercy a les yeux rivés sur un autre jackpot fiscal, beaucoup plus prévisible : les DMTG (Droits de Mutation à Titre Gratuit).
Derrière cet acronyme un peu barbare se cachent tout simplement les impôts sur les successions et les donations. Et là, on ne parle pas de crise, mais d'une véritable explosion.
đ§ź Les chiffres du "Papy-boom" fiscal :
Aujourd'hui (2026) : L'État encaisse déjà environ 21 milliards d'euros par an sur nos héritages et donations.
Horizon 2040 : Les projections de la Direction générale du Trésor et des économistes tablent sur... 45 milliards d'euros par an à législation constante.
Un doublement quasi mécanique en moins de 15 ans.
Au total, ce sont plus de 450 milliards d'euros qui vont entrer dans les caisses publiques d'ici 2040.
â Pourquoi un tel emballement ?
Rien à voir avec une hausse des taux d'imposition. C'est de la pure mécanique :
1ïžâŁ La démographie : La génération dorée du Baby-boom (née entre 1945 et 1965) entre malheureusement dans les tranches d'âge de forte mortalité. Le nombre de décès annuels va bondir pour frôler les 740 000 par an.
2ïžâŁ L'effet patrimoine : Les plus de 60 ans détiennent aujourd'hui près de 60 % du patrimoine total des ménages français (merci la bulle immobilière des années 2000-2020). Des patrimoines qui vont mécaniquement dépasser les abattements fiscaux lors des transmissions.
đŒ Quel impact pour notre économie ?
C'est le grand paradoxe de ce que les économistes appellent "La Grande Transmission" :
Côté pile : Une bouffée d'oxygène inespérée pour les finances publiques (pour financer la dépendance, les retraites ou la transition écologique).
Côté face : Un âge moyen des héritiers qui recule (on héritera en moyenne à 58 ans en 2040).
Est-ce vraiment utile d'hériter à l'aube de la retraite, alors que c'est à 30 ans, au moment de lancer des projets ou d'acheter sa résidence principale, qu'on a besoin de capitaux ?
D'où les récentes incitations fiscales (comme dans les dernières Lois de Finances) pour pousser les plus âgés à donner de leur vivant aux petits-enfants, notamment pour financer la rénovation énergétique.
Alors, la fiscalité sur la transmission en France : outil indispensable de redistribution ou frein à la circulation des capitaux ? Le débat ne fait que commencer.
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